02.04.2010

Il fallait bien une fin à cette histoire

muriel

 

Vu les nombreuses plaintes reçues sur la fin un peu abrupte de ce blog je me devais de le conclure de manière un peu plus élégante eu égard à mes "nombreux" suiveurs.

Il va sans dire que le retour au coeur de l'hiver fut rude. Bien que la joie de revoir les amis et la famille réchauffe un peu, la grisaille et l'impression vicieuse qu'on a beau partir trois mois et que pourtant rien ne change est tout de même tenace. J'ai vu il y a quelques jours un documentaire d'une famille qui était partie faire un tour du monde en bateau pendant un an. On lui posait la question si le retour à la réalité n'était pas trop dur. Et lui de répondre que la vraie question était de savoir où se situait la vraie réalité. Dans la vie en voyage ou dans le quotidien qu'on s'est construit dans son port d'attache. Cette simple réflexion a claqué dans ma tête comme un coup de tonnerre. Cette question, elle aussi, se promenait dans ma tête. Je dois avouer que je n'ai toujours pas trouvé la réponse. Sauf peut-être dans mes rêves infiniment plus riches où enfin ces deux réalités se rejoignent avec bonheur .

 

Voyager c'est aussi rêver de voyage

 

Lecteur qui me lit, je ne peux que te conseiller vivement d'entreprendre le voyage dont tu rêves. Il n'est probablement pas si cher que tu le crois, à condition tout de même de faire fi d'un certain confort et de partir par toi même. Tu peux aussi te dire qu'à la place d'un beau canapé tu peux parcourir le monde. Je sais ce que ce genre de phrase peut avoir de démago en sachant qu'on ne s'assoit pas 20 ans dans le Transsibérien.

Tout de même, j'en parle à l'aise puisque, à moi aussi, il m'a fallu des années pour trouver le courage de partir vraiment en voyage. Le plus fabuleux c'est qu'une fois qu'on a trouvé ce courage, le reste vient tout seul. Faire cette démarche a ceci de positif qu'en plus d'apporter une autre vision du monde, il vous donne ce sentiment grisant d'avoir fait ce qui nous faisait le plus plaisir. La chose qui enfin venait faire sonner les trompettes de l'allégresse dans notre petit coeur.

 

Pour la petite histoire

 

La fin des 10 jours sur l'île du Paradis était fantastique. Cette île reste un must absolu. Quand il fait moche et froid c'est encore là-bas que je mes pensées s'envolent.  Le retour vers Bangkok fut ultra facile ( en bus de nuit directement sur Kho Shan road où il y a une multitude d'hôtels) et nous réserva surtout une fabuleuse coïncidence. Dans le bateau qui quittait l'île je suis tombé nez à nez avec le couple de Français rencontré par une froide nuit dans une auberge en bordure du lac Baïkal. Le hasard, compagnon privilégié du voyage, a encore frappé un grand coup. Ils avaient fait un tout autre voyage ( Japon, Corée et Laos) pour se retrouver 2 mois plus tard sur la même barque voguant sur des eaux azurs.

On est aujourd'hui 3 mois plus tard et je ne regrette aucune minute du voyage. Un voyage qui me laisse l'impression d'un songe fabuleux qui n'a peut-être jamais existé si ce n'est que je profite de ses bénéfices encore chaque jour. Un voyage qui au final m'aura coûté moins de 4000 euros. Et 4000 euros pour un gain inchiffrable c'est comme qui dirait une très bonne affaire.

 

Le Top 10 ( Tout était très bien, mais il fallait bien choisir 10 choses...)

 

1: La vie dans le Transsibérien

2: Les cabanes suspendues du Laos

3: Angkor

4: Pékin à vélo

5: Kho Phi Phi et la plongée

6: La Voie lactée et les grands espaces du désert de Gobi

7: La baie d'Halong

8: Les massages et la nourriture Thaï

9: La momie de Lénin

10: Bangkok

22.11.2009

Les cours de plongée

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On est venu presque rien que pour ça. Kho Phi Phi est un endroit de renommée internationale. Il est vrai que muni de son seul masque et tuba, c'est déjà hallucinant. Alors quand en plus on peut les voir d'encore plus près et plus loin de la côte c'est encore plus fabuleux. Sans parler de cette incroyable sensation de flotter. Un Nouveau Monde s'est ouvert à moi depuis trois jours. Le monde sous-marin et ses merveilles. Je pensais que ce serait oppressant. He bien non. Difficile ? Non plus. Mais ça reste dangereux, alors pas question de faire l'idiote. J'ai suivi religieusement le moindre conseil de Linda, notre Dive Master. J'ai tellement bien fait ma première de classe que j'ai obtenu 96 % à mon examen. Wouhou.

Hélas,comme pour beaucoup d'activité, il faut casser sa tirelire. Pour ceux que ça intéresse ça coûte +- 250 euros pour l'open water (ce qui correspond au premier niveau) et à peu près la même somme pour le second. C'est un investissement, mais ça les vaut assurément. On a pas rechigné à prendre les deux puisqu'on voyage à l'arrache depuis un mois pour pouvoir justement s'offrir la blinde. Le premier, celui que je viens de passer, dure trois jours et est composé de 5 modules théoriques, d'une initiation en eaux peu profondes et de quatre plongées qui mêlent promenades et exercices pratiques. Le second niveau qu'on commence maintenant consiste en des plongées plus spécifiques telles que la plongée en profondeur (30 mètres), la plongée d'orientation plus 3 autres au choix. Cela dure 3 jours pour le premier niveau et 2 pour le second. Pour savoir quel club de plongée est le plus approprié sur Kho Phi Phi, il n'y a pas de vrais conseils. Ils sont tous pareils, tous au même prix et avec des saisonniers qui restent rarement plus d'une saison. Décidez-vous plutôt par rapport à la sympathie que vous inspire un instructeur (en vérifiant tout de même qu'il est bien certifié). Dernier truc: il semble que La Mecque des cours de plongées à prix compétitifs soit Ko Tao ( aussi en Thailande). Mais j'avoue que je n’ai pas été vérifier.

Un retour épique

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On s'est retrouvé coincé au village après avoir fait toutes nos formalités pour les cours de plongée. La nuit est tombée aussi vite que l'aigle sur sa proie. On était venu à pied par un trajet à travers la jungle. C'est plus que faisable de jour, même si ça grimpe solide ( un bon raidillon d'une demi-heure). De nuit c'est une autre affaire. Sauf qu'après s'être engueulé avec la plupart des taxiboats du village on n’avait guère le choix. De rage on s'est dit qu'il pouvait aller se faire voir avec leur prix excessif ( retourner sur la plage est plus cher que de prendre le bateau+le bus pour Bangkok). Du coup, pas d'autres options que de faire le chemin à pied. Je déconseille fortement à tout le monde de faire de même. Vraiment. Payez le prix qui fait mal, plutôt que se lancer dans cette promenade nocturne qui a tout du chemin de croix.

Je m'explique. On s'est retrouvé à traverser la jungle de nuit sur un chemin escarpé avec une pauvre lampe de poche. Au-delà des bestioles qu'il y avait à coup sûr dans les parages, après tout c'est la jungle, le chemin était casse-gueule. Pour fignoler cette situation déjà pourrie, on s'est perdu et on a atterri sur la plage d'à côté. Youpi. Enfin au moins on était quelque part et plus parmi les serpents et les araignées assoiffées de sang. Là une dame très gentille nous a prêté une deuxième lampe de poche et nous a dit que par la plage c’était très simple de rejoindre notre plage et que ça ne prenait que 10 minutes. Hum Hum. Je ne sais pas où elle a été chercher cette drôle d'idée. On s'est trouvé à crapahuter pendant 1 H 30 sur des cailloux glissants et dans la flotte. Ce n'est pas tout à fait ma définition de la facilité en moins d'un quart d'heure. Bien entendu, je me suis bien étalé quelques fois. Par endroits on a même été obligé de marcher dans la mer jusqu'à la taille. Heureusement qu'elle est à 29 °. Par pur miracle il n'y a que ma lampe de poche qui a morflé. Tout le reste (appareils photo, papier, ordi qui était bien sûr dans le sac,...) n'a pas été trop mouillé. Mon passeport est un peu limite vu que j'ai oublié les premiers mètres qu'il était dans ma poche... Blonde, moi ?
Pour schématiser : un trajet qui met un peu moins d'une heure de jour nous a pris plus de 3 heures de nuit. En prime j'ai un peu eu les chocottes : on aurait pu se faire vraiment mal et/ou piquer/morde par un animal tropical. Heureusement devant une situation tellement merdique on ne peut que faire front et se serrer les coudes, du coup, merci petit jesus, ça n'a pas en plus tourné au pugilat. Tout de même, il va sans dire que j'étais plus que soulagé quand on est enfin arrivé à la plage.

En route pour l'île du paradis

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Après cette journée mémorable entre toutes passée Angkor ( ne pas m'attarder pendant une semaine ne m'a pas empêchée d'être durablement impressionnée), nous voici de retour en Thaïlande pour finir notre boucle. Ce mouvement stratégique n'a pas été sans effort. Il y a eu pour commencer 10 heures de bus vers Bangkok (ou comme de juste on a essayé de nous faire poireauter 2 heures à la frontière, sans raison si ce n'est qu'il fallait remplir le bus. Dans ces cas-là il faut hurler et ça s'arrange comme par magie), ensuite un avion pour Phuket ( très bien et en une heure et 50 euros), une nuit dans une auberge et au petit matin 1 h 30 de bateau vers notre île du paradis. Destination finale : Kho Phi Phi. Ce n'est pas une découverte puisque qu'en ce qui me concerne c'est déjà la troisième fois que je m'y rends. Mais comme j'ai pas encore trouvé plus paradisiaque pour cette facilité d'accès et ce prix-là, il n'y a pas de raison de se casser la tête. En plus, on y allait pour des cours de plongée et cette île a une renommée mondiale. Donc voilà ! Et je dois dire qu'on a bien eu raison. Le village principal est une horreur touristique, mais dès qu'on s'éloigne c'est comme kho lanta sans les caméras, mais avec un resto très abordable ( les plats tournent autour de 2-3 euros).

On s'est trouvé un cabanon sur la plage entre les cocotiers pour moins de 8 euros la nuit. Bon pour ce prix pas d'air conditionné, pas d'électricité avant 6 h du soir, pas de télé et le cabanon est en bois tressés. Mais on a un ventilo, une bonne douche (ne rêvons pas c'est de l'eau froide) et des toilettes particulières. En plus, il n'y a que quelques bungalows. Si on est 10 sur la plage d'un blanc immaculé, c'est beaucoup. La nuit on est bercé par le seul bruit des vagues.

phiphi
Mais le top du top n'est pas là. On nage quelques mètres et c'est le monde de némo en direct qui défile devant notre masque de plongée. Raaaa qu'est ce qu'on est bien ! Pour ceux que ça intéresse : la plage c'est Rantee beach. Pour ceux qui veulent encore moins de monde et un peu plus de luxe, sur la plage d'à côté il y a PP ressort qui est très bien aussi ( +- 25 euros la nuit). Seul bémol, le bateau-navette pour arriver sur ces deux plages est assez cher (pour la Thaïlande) et non négociable. 15 euros de jour et presque 20 de nuit. Et ce n'est que pour un trajet. Ce prix excessif est la raison de notre prochaine aventure.

Angkor

Angkor
Je pourrais allègrement m’épancher durant des centaines de lignes sur les splendeurs d'Angkor. Il est souvent dit que le visiter en un jour est frustrant. Je ne suis pas totalement de cet avis. La première raison est basiquement économique. C'est relativement cher. Il faut compter 20 dollars par jour pour l'entrée aux différents sites. À cela il faut ajouter la location du tuk-tuk (12 dollars). Oui, je sais que certains pensent qu'à vélo c'est une bonne idée. Sur papier, elle semble même excellente, car tout n'est pas trop éloigné l'un de l'autre et ça ne coute qu'un euro pour la location. Mais voilà, on est au Cambodge et pas à la mer du nord. Il faisait mourant de chaud. Au bout de trois pas, mon visage ressemblait aux chutes du Niagara. Alors, je pense que faire la danseuse sur la petite reine aurait ruiné le plaisir de découvrir cette merveille du monde. Mais revenons au sujet. On l'a donc fait en une journée et en se limitant au petit circuit. C'était compact, mais néanmoins formidable. Pas besoin en ce qui me concerne d'en voir des centaines d'autres. Le côté fastfood est ici assumé. J'ai vu la crème de la crème, alors peu importe si je n'ai pas tout vu et pas admiré pendant une demi-heure le moindre caillou. Je me rends parfaitement compte de ce que ce genre de remarques peut avoir de beauf, mais comme je n'ai rien d'une spécialiste et que je trouve une visite guidée proche de la punition, beaucoup de subtilité m'échappe de toute façon. Dans ce cas autant voir le plus beau (le Bayon), le plus majestueux (Angkor Wat) et le plus mystérieux à l'aube (le Thom prat). À propos pour ce dernier on était tout seul. On a vu maximum 6 personnes durant toute la visite. Une expérience proche du mystique surtout avec l'orage qui grondait au loin. Pour fignoler, on a ajouté les autres temples du petit circuit qui sont aussi très chouettes. J'ai déjà dit qu'Angkor c'était formidable ? Allez, pas peur, je le redis : c'était fantasmagoriquement formidable. Ça m'a presque tatoué les rétines. Trêve de blabla voici quelques photos.angkor2

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Phnom Penh

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Le Cambodge n'est pas que la guerre et les bombes antipersonnel qui ont mutilé bon nombre de Cambodgiens. C'est un pays qui a su se relever et devenir chaleureux et accueillant. Sa capitale en est la preuve vivante. Sa "promenade des Anglais " en bord de fleuve, son palais royal imposant et ses nombreux bons restos sont là pour l'attester. Cette ville est parfaite pour goûter au fameux plat national « Amok » (lait de coco-citronnelle et poisson) ou encore s'offrir le fameux foulard révolutionnaire. Donc au-delà des visites « historiques » j'ai vraiment beaucoup aimé cette ville qui vaut plus que certainement une escale.

Une monstrueuse prison et des champs du génocide

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Peu d'endroits m'ont autant fait froid dans le dos que le tristement célèbre S-21. Cette ancienne école, transformée en prison et endroit de torture durant la période des Khmers rouges, est tout simplement glauquissime. D'autant plus sinistre que sa funeste occupation remonte à à peine 30 ans et qu'au premier coup d'oeil elle a tout d'une école normale. Puis on aperçoit une potence et des fils barbelés. Ensuite on croise le regard des nombreuses photos des prisonniers. Seuls 7 survécurent.
Pour compléter ce devoir de mémoire commencé au S-21, on se devait d'aller "voir" les champs du génocide. À cet endroit s'élève un stupa (sorte de temple) en verre rempli des crânes trouvés dans les nombreuses fosses communes laissées par les Khmers rouges. Terrifiant. Ce qui frappe le plus c'est qu'en dehors de ce monument, le site est presque bucolique si on s'abstient de lire les petits panneaux. Sur ceux-ci on peut lire le nombre de cadavres retrouvés à cet endroit, ou encore que dans cette fosse il n'y avait que des corps de femmes et d'enfants. Que sur tel arbre on pulvérisait les bébés. Et toujours ces crânes sans yeux qui vous suivent durant longtemps.C'est tout simplement monstrueux. J'en ai fait des cauchemars durant des nuits.

Le génocide des Cambodgiens fait froid dans le dos. ¼ de la population a disparu sous le régime khmer. On ne peut s'empêcher de penser que tous ceux qu'on croise et qui ont plus de trente ans ont vu l'horreur, la torture, le meurtre des intellectuels (entre autres) et la déportation forcée vers les campagnes...

C'est bien simple, ces visites m'ont profondément chamboulé. Comment quelques personnes seulement arrivent à en torturer des milliers ? Pourquoi est-il très vite trop tard quand la propagande et la peur sont en marche ? Ces endroits m'ont fait sentir que tout peut s'empirer très vite et que rien n'est jamais une certitude. Devant de telles monstruosités, on ne peut rester que flageolant. Comme pour d'autres horreurs de l'histoire, c'est lorsque qu'on oublie les évènements qu'ils se reproduisent. D'ou, en qui me concerne tout du moins, l'importance de ce genre de "visite" qui n'ont rien de voyeuriste. Ça remet solidement les pendules à l'heure et les choses en perspective. Ca pousse à rester vigilant et coupe net l'envie de se plaindre sur son quotidien.